Institution omniprésente depuis l’Antiquité, le mariage reflète l’image de toute une société. Si pendant longtemps il représente bien plus qu’une simple union, il reste aujourd’hui un témoin précieux à l’étude de l’évolution des mœurs et des croyances de toute société.

Rite de passage autrefois obligatoire du statut de jeune fille à celui de femme, le mariage possède ses propres signes de reconnaissance, dont le premier est la tenue.

Etudier la robe de mariée, qui apparaît de nos jours comme l’un des éléments les plus traditionnels du mariage, revient inévitablement à étudier l’institution elle-même, qui ne connaît finalement guère de changements jusqu’à la moitié du 20ème siècle.

La robe de mariée, reflet de la femme dans la société ?

Depuis quelques années, les spécialistes de l’histoire du costume comme les conservateurs concernés par ce domaine ont pris davantage conscience de la nécessité de replacer la mode dans son contexte historique et culturel. On ne peut étudier l’histoire de la robe, par exemple, sans connaître celle des femmes. Ainsi, l’histoire du mariage ne se confond-elle pas avec l’évolution de la condition féminine ?

Toilette éphémère, la robe de mariée a toujours représenté la plus belle robe dans la vie d’une femme. Le blanc, le voile, la traîne apparaissent comme des éléments indispensables à cette féminité passant de l’état d’enfant à celui de femme. Pourtant, cette image est relativement récente. C’est la société bourgeoise du 19ème siècle qui cristallisera ces codes vestimentaires (la robe de couleur blanche).

Photo de mariage traditionnelle

La robe de mariée, proche de la mode

Suivant de très près la mode de l’époque – et même souvent indissociable de cette dernière – la robe de mariée est en fait très fortement liée à l’histoire de la société, des mentalités et du statut des femmes…

Véritable tenue de représentation, la robe de mariée devient au fur et à mesure des décennies une des seules formes de « vêtement » – chargée de symboles – qui contribue au pouvoir de transmission des traditions, des valeurs, de la religion d’un groupe social. En outre, elle s’avère être également un formidable révélateur de la condition féminine qui en découle.

Depuis les années 80, le mariage devient un enjeu de parade sociale, où la dimension du spectacle et de l’apparence ne cesse de croitre.

Il s’agit aujourd’hui d’émerveiller ses convives, d’époustoufler par la scénographie, la décoration, préparer des « jeux, interludes, activités » pour ponctuer la journée d’évènements, pour occuper les invités…
Feux d’artifices, lâché de lanternes, magicien, clown, DJ, danse d’ouverture, etc… on ne compte plus les variétés d’actions possibles pour faire de cette journée un véritable moment de spectacle.

Concernant la robe, un style me vient immédiatement à l’esprit : « la robe de mariée sexy ». Parfaitement révélateur de notre société actuelle.

Le mariage est aujourd’hui une représentation

Tout cela va de pair avec les réseaux sociaux où la consommation de l’image, des apparences et d’une certaine idée du monde devient une norme à suivre.

Paradoxalement, malgré cette machine infernale (réseaux sociaux, mode, tendance etc.), la robe de mariée reste, selon moi, le seul « vêtement » encore empreint de codes immuables : la couleur blanche, la traine, le bouquet, le voile…

Aujourd’hui, la liberté est de jouer avec ces codes : on les garde, on les détourne, on les mixe, on les rejette.

 

 

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